TROD cystite à l'officine : qui peut être testée et ce qui est rémunéré
La cystite simple est l'un des motifs de comptoir les plus fréquents, et l'un des rares où le pharmacien peut désormais aller au bout de la prise en charge. Depuis les textes de juin et juillet 2024, une officine formée réalise le test, interprète le résultat et délivre l'antibiotique adapté, sans passage préalable chez le médecin. Deux ans plus tard, la mission reste inégalement déployée. Voici ce qu'elle recouvre exactement.
Quelles patientes entrent dans le cadre
La mission vise les femmes de 16 à 65 ans qui présentent des signes évocateurs de cystite simple : brûlures à la miction, dysurie, pollakiurie ou envies impérieuses. Les constantes doivent être normales, c'est-à-dire une tension systolique d'au moins 90 mmHg, un pouls inférieur ou égal à 110 battements par minute et une température comprise entre 36 et 38 °C.
Les situations qui excluent le test
La liste des exclusions est le cœur de la sécurité du dispositif. Sortent du cadre la fièvre supérieure à 38 °C ou l'hypothermie, les douleurs des flancs ou des fosses lombaires, la grossesse, les cystites répétées à partir de trois épisodes sur douze mois, l'insuffisance rénale sévère et l'immunodépression. Dans tous ces cas, l'orientation vers le médecin reste la règle.
Le test lui-même
Il repose sur une bandelette urinaire qui recherche la présence de nitrites et de leucocytes. Le recueil peut se faire à l'officine ou au domicile de la patiente. L'officine doit disposer d'un espace de confidentialité, et met à disposition des toilettes lorsque c'est possible. Les bandelettes et le petit matériel de recueil relèvent de la gamme diagnostic ; notre univers Diagnostic féminin regroupe les tests urinaires, et Appareils de mesure le reste de l'équipement du comptoir.
La formation n'est pas optionnelle
Une formation est obligatoire avant de réaliser la mission. Elle couvre la remise et la lecture de la bandelette, ainsi qu'un module sur la dispensation des antibiotiques. Elle doit être dispensée par un organisme indépendant des fabricants et distributeurs de produits de santé, et peut être financée par le FIF-PL ou l'OPCO-EP.
Ce que perçoit l'officine
La rémunération dépend du parcours de la patiente. Une patiente qui se présente spontanément ouvre droit à 10 € TTC si le test est négatif, et à 15 € TTC lorsqu'il est positif et donne lieu à la délivrance de l'antibiotique. Lorsque la patiente arrive avec une ordonnance conditionnelle du médecin, le montant est de 10 € TTC. L'acte se facture sous le code PEE et la prise en charge est de 70 % par l'assurance maladie obligatoire.
Si le test est positif
Le pharmacien formé délivre l'antibiotique adapté, fosfomycine ou pivmecillinam selon la situation, et trace la dispensation. Le médecin traitant est informé.
Pourquoi s'y mettre maintenant
La mission crée un motif de visite là où la patiente serait partie ailleurs, et elle installe l'officine comme premier recours sur un symptôme banal mais anxiogène. Elle suppose peu d'investissement matériel : une formation, un espace de confidentialité déjà exigé par d'autres missions, et un stock de bandelettes. Les conditions d'achat de la gamme diagnostic sont détaillées sur notre guide de l\'achat direct au laboratoire.
Les modalités officielles font foi : reportez-vous aux fiches de l'assurance maladie et de votre URPS avant de démarrer la mission.